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La Catharsis glaudienne est également appelée

LA THERAPIE DU TUNNEL

 

Reportons-nous au 8 mars 1978, jour de la découverte par Albert Glaude de cet outil puissant qu’est le TUNNEL, médiation entre le conscient de la personne et sa partie profonde enfouie. Nous sommes au Québec. Faisons-le en laissant la parole à Albert Glaude lui-même, avec un court extrait de son récit[1].

Un tunnel... des portes ? Je n'ai jamais rien entendu de pareil, ni jamais rien lu à ce sujet ! Qu'est-ce qu'elle est en train d'inventer ? Cela m'intrigue. Je lui demande de me décrire ces portes et de me dire comment elles sont placées les unes par rapport aux autres.

(…)

Ne sachant trop dans quelle galère j'embarquais - toujours l'improvisation - je lui demandai de se placer devant la première porte à gauche et de me la décrire en détail.

« C'est une porte en bois brun naturel, arrondie dans le haut et munie d'une poignée en fer noir.

- Très bien. Ouvrez cette porte et entrez. » Silence. Puis elle s'écrie :

« Non je ne veux pas. Non maman, pas ça ! » Et elle se met à pleurnicher comme une petite fille. Me voilà revenu en terre connue : elle est en        régression  et vit une scène de son passé. Victoire : elle est en régression. Soudain je me sens mieux... 

 

Poursuivons, bien des années plus tard, en Belgique, une autre personne, une autre souffrance, une autre Catharsis… un autre extrait[2].

(…)

Il faut comprendre que ces portes dans notre Tunnel n’ont pas toujours existé. C’est nous qui les avons placées. Par protection, nous les avons fermées pour ne plus voir, ne plus entendre ce qu’il y avait derrière. Mais ce qu’il y avait derrière a fini par pourrir et exhaler. Nous n’en sommes plus bien.

 

COMMENT FONCTIONNENT LES PORTES ?

(…)

Ce vécu émergé dans ma consultation, montre la subtilité de l’association subconsciente :

La porte est entr’ouverte, j’ai l’impression… J’entends une conversation… C’est ma tante qui est là. Ca s’arrête là… Je suis chez elle, c’est la sœur de ma mère… J’ai l’impression qu’elle parle de moi. - Il entre par la porte du Tunnel : C’est difficile à dire, les choses se mélangent, il faudrait que je parte. J’ai l’impression que je dois faire absolument semblant que je n’ai pas entendu parler de ça. On a dit quelque chose du genre « C’est un accident ». - La scène se termine. Il repasse la porte : J’ai toujours trouvé mes parents plus durs avec moi qu’avec mon frère, je ne sais pas si c’est vrai mais j’ai ressenti ça. Actuellement, je les laisse entre eux. C’est comme si j’en avais toujours été convaincu, et que toute ma vie a consisté à faire effort pour me faire désirer, pour exister. - Il est à nouveau devant la porte : J’ai un sentiment de honte, une honte profonde… Je reste dans cette atmosphère de révélation fracassante… Il faut pas le savoir, et tout le reste consiste à prouver le contraire… Je me sens seul. Je ne peux dire à personne ce que je sais… A partir de là, je ne suis plus dupe de rien, quand c’est Saint-Nicolas, je ne suis pas dupe...

Dans cette scène, il n’est pas sûr que l’enfant a bien compris ce qui s’est dit. La personne confirme que c’est ce qu’il a cru entendre. Il faut comprendre que l’important ici est le ressenti de l’enfant, car à partir de ce moment occulté, il va tout faire pour prouver qu’il a été désiré et qu’il est aimé. L’idée « d’être un accident » lui est insupportable ; il va donc faire comme si ce n’était pas vrai, mais il va lire les événements ultérieurs à la lumière de ce choc. Immédiatement après cette séquence, l’enfant monte l’escalier, il fait beaucoup de tapage avec les pieds pour montrer à son entourage qu’il existe. Le conditionnement commence. Il va oublier cette scène, mais son comportement ne sera plus jamais le même à partir de ce jour fatidique.

(…)

Et lorsque Alice Miller écrit Je veux ouvrir les portes menant au passé[3], elle utilise sans le savoir une métaphore plus puissante qu’un langage, puisque le subconscient s’en sert pour accéder à notre histoire.

 

Nous découvrirons bientôt comment la guérison s’installe et comment le Tunnel en atteste.

 

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[1] GLAUDE, Albert, Guérir ses souffrances émotives,éd. de l'Homme, 1984, p.75. Repris dans LECOCQ-FRANCOIS, Nicole, Une vérité qui libère, éd.Quintessence, 2009,  p.15 & 16.

[2] LECOCQ-FRANCOIS, Nicole, idem, p.25.

[3] MILLER, Alice, Abattre le mur du silence, éd. Aubier, 1991, p.51.