La guérison et le Tunnel

 

La première partie du texte « La thérapie du Tunnel » se terminait par ces mots :

Nous découvrirons bientôt comment la guérison s’installe et comment le Tunnel en atteste…

 

Poursuivons à travers ces trois étapes :

 

Comment s’installe le processus de guérison.

Comment le Tunnel représente un parcours de guérison.

Comment le bout du Tunnel atteste de la guérison.

 

La personne en Catharsis ressent et découvre corporellement ce qu’elle a enfoui de son vécu profond douloureux à l’origine des symptômes présentés. Elle était enfant, le plus souvent, lorsque ces affects ont installé les conflits intérieurs. A cette époque, la prégnance de l’inconscience et de la subconscience est très forte. Il n’y a pas eu alors - ou très peu - de mots sur les ressentis, mots qui auraient facilité la conscientisation de ce qui se passe et de ce qui se joue dans l’intériorité profonde.

 

Lorsqu’elle revit les événements, l’intensité de ses vécus est rejointe ou, a contrario, la coupure d’avec les ressentis et les sentiments. Cette connexion aurait permis, si elle avait été possible au moment où les impressions se sont installées, d’entrer dans la réalité vécue, plutôt que de devoir s’en évader. Au lieu de cela, la porte s’est ouverte sur des croyances fertilisées dans le terreau de la totale dépendance du petit enfant à l’environnement, ainsi que par l’incompréhension de ce qu’il vit. Si nous prenons l’exemple dramatique de l’enfant battu, il est rarissime qu’il ait la perception que l’adulte qu’il prend pour fort et puissant, est en réalité un être en souffrance et incapable de maîtriser ses émotions. Aussi, retourne-t-il la plupart du temps, les choses contre lui : « C’est de ma faute, je n’avais qu’à obéir, c’est que je suis mauvais s’il fait cela… il ne m’aime pas… ou : je me vengerai, je le tuerai, etc… » Il ne peut donc pas entrer dans l’humanisation de son expérience. La violence dont il est l’objet peut aussi ne pas être physique mais être une violence pour l’âme.

 

Le consultant va donc exprimer - dans le sens de « sortir de lui » - ce qui était enfoui et être entendu, cette fois. Il reçoit sa douleur dans un espace de sécurité sans jugement ; il sort d’une situation où il se sentait démuni, impuissant, et confronte ses croyances au réel. De ce fait, il revient dans le réel. Le dévoilement se vit sans l’interférence du temps et ses risques de déformations liés à ce que la personne en pense, l’expérience est directe. La résonnance du revécu émergeant des profondeurs et l’écoute empathique vont faire que la personne va étonnamment réellement s’entendre pour la première fois dans ce qu’elle exprime.

 

La douleur étant inscrite dans le corps, le revécu sort cette douleur du corps qui s’apaise. La guérison s’opère. La personne voit enfin ce qui l’a vraiment fait souffrir derrière ses symptômes, ses échecs, ses dévalorisations et… la souffrance s’évacue. Elle sort aussi du jugement sur elle-même.

 

Elle va ensuite pouvoir rattacher ses revécus à sa mémoire consciente du passé et aux difficultés éprouvées dans sa vie. La conscience du lien entre la cause et l’effet apparaît, non intellectuellement mais en profondeur, du fait que tout a été ressenti dans le corps, a émergé du subconscient et non de la mémoire mentale.

 

La guérison s’opère donc par l’empathie et l’auto-empathie. Cela n’avait jusque là pas pu se faire parce que la conscience de ce qui cherchait à se dire n’était pas là, il fallait deux conditions : l’aide du subconscient et être reçu sans jugement. Le retour à sa propre humanité peut s’effectuer.

 

Au sortir des premières régressions dans le passé, on peut déjà voir que la guérison commence. Il y a le soulagement, la libération, une énergie d’autonomie, d’enfin comprendre, « ce qui éclaire de façon inattendue mon chemin », comme dit un consultant.

 

Mais encore :

 

De guérison en guérison, par les « portes » du corps (ce qui se vit dans le corps) ou celles du Tunnel, se revit le chemin de vie qui a conditionné le présent. Il faut bien garder à l’esprit que le mental seul ne peut ouvrir ces portes. Le chemin ainsi parcouru se libère au fur et à mesure qu’elles s’ouvrent et que la personne se relie à elle-même dans ce qu’elle a enfoui. Jusqu’au moment où elle se retrouve… au bout du Tunnel.

 

Lorsque la personne est au bout du Tunnel, elle sort dans un Paysage dont les caractéristiques très précisément inventoriées sont constantes, mais surtout ne peuvent apparaître que quand « la mare du passé est récurée » (expression chère à Albert Glaude). Ces critères permettent de savoir exactement quand le travail se termine. Bien entendu, chaque paysage appartient à chaque personne et chaque personne est unique. La libération qui s’ensuit est le point commun à chacune et marque le départ d’une vie en accordance avec soi-même.

 

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