Mars 2018 a fêté les 40 ans de naissance de la Catharsis Glaudienne.

Retour sur un événement qui a chamboulé la vie de son fondateur et de toutes et tous qui ont pu plonger intégralement dans l’expérience.

L’enjeu se dessine le 8 mars 1978 dans le cabinet de consultation d’Albert Glaude  à St-Adèle au Québec où il demeure, au moment plus précis où il lâche tout ce qu’il “sait” pour écouter ce qui “est”. Il le décrit merveilleusement dans son livre “ Guérir ses souffrances émotives “[1]. Il aimait dire que c’est parce qu’il n’était pas psychothérapeute de formation qu’il a découvert le Tunnel de la Catharsis, sans quoi il n’aurait pas pu accueillir ce qui n’était pas en adéquation avec les connaissances académiques acquises. Cette ouverture à la Vie souvent inhibée chez l’humain “rationnel”, de par les nombreux sillons creusés par le mental et la connaissance intellectuelle, est aussi le positionnement permettant de laisser émerger ce qui est enfoui au plus profond de nous… exactement ce qui se joue en Catharsis !

Quatre décennies plus tard, cette approche exprime plus que jamais son essence de naissance. C’est l’occasion pour moi de rendre hommage à Albert Glaude, sans qui je n’aurais pas eu les bases pour réaliser mon travail. En 24 années de pratique, j’assiste à des libérations rapides chez les enfants pour qui la conscience s’accroît, car elle peut s’exprimer dès qu’ils se sentent rejoints là où ils sont, sans pré-jugés, sans analyse, sans diagnostic. Leur subconscient peut alors délivrer sa souffrance. Chez les adultes, le processus est fondamentalement le même, ralenti pour certains par le mental (lequel a parfois été refuge face aux douleurs d’enfance et entretenu par l’intellectualisation des apprentissages et de notre société occidentale). Ils ne s’étaient parfois que très peu tournés jusque-là vers l’intérieur, plongés dans le conditionnement, lequel va céder lors de la libération de la souffrance à l’origine des symptômes présentés. Il est entendu que l’occultation ne peut être rejointe par le mental.

L’éloignement de soi propre à la société de consommation, la fuite du silence, l’hyperconnexion en ligne, le dispersement de l’époque, la recherche de solutions à l’extérieur de soi… font barrage à cette intériorité, source de guérison et de Vie où l’âme s’épanouit tout simplement en exprimant ses vraies aspirations. Sans cette intériorité, l’ego tourne en rond dans “l’avoir”, la comparaison, dans ses envies, ses attirances, ses stratégies en réaction à un vécu d’enfant douloureux qui n’a pas été entendu et donc n’a pas pu entendre qui il était au fond de lui.

L’abus sur l’enfant est parfois sexuel, parfois rapport de force, parfois maltraitance. Outre la question de la violence, il revient à ce que l’adulte fait difficilement preuve de bienveillance et ne ramène pas l’enfant à lui-même quand il est traumatisé, terrifié, quand il déborde, ne comprend pas, somatise, s’exprime hors des codes de la bienséance… Tout cela parce que cet adulte a ses propres blessures, n’a pas conscientisé ses conditionnements et réalise peu les ressentis et le mode de pensée d’un enfant. Il cède alors à la tentation de la consolation, de la justification, de la manipulation, de la rationnalisation pour ramener l’enfant à un comportement plus acceptable.

Tout cela fait partie d’une humanité en marche qui a encore du chemin à parcourir dans la conscience et qui n’a que faire de mettre les individus dans des catégories diagnostiquantes, mais bien d’en venir à sa vérité.

 

 

 



[1] Ce livre publié en 1984 aux éditions de l’Homme étant épuisé, le récit de présentation intitulé “Le grand jour” est repris intégralement dans “Une vérité qui libère”.